Man / Journée internationale de lutte contre les MGF : L’appel des autorités contre l’excision

La salle des réunions de la préfecture de Man a abrité le weekend dernier la célébration de  la journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines. Une occasion pour les autorités de rappeler les conséquences néfastes de ces pratiques sur la santé et la vie des femmes. Elles ont invité les populations à mettre définitivement fin à l’excision.

Après les mots de bienvenu des élus locaux, le directeur régional de la famille, de la femme et de la protection de l’enfant, Kouadio Kouamé Yssoufou, a rappelé l’impérieuse nécessité de renforcer l’action politique, et communautaire pour l’accélération de l’élimination des mutilations génitales féminines dans notre pays. Toute chose qui selon lui explique le choix du thème pour la célébration de cette journée cette année à savoir, « Traduire les décisions politiques en actions concrètes  pour accélérer l’atteinte de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines à l’horizon 2030 ».

Pour Kouamé Yssoufou, les populations doivent renoncer à la pratique de l’excision compte tenu de sa dangerosité pour la santé et le bien-être de la femme. Aussi,  a-t-il exprimé ses remerciements aux partenaires de lutte contre les mutilations génitales féminines notamment le Fond des nations Unies pour la population. « Si nous changeons positivement la vie des femmes et des jeunes filles, nous changerons le monde.  Pour l’épanouissement de la femme africaine en général et de l’ivoirienne en particulier, pour la   préservation de l’intégrité physique et morale de nos filles, de nos sœurs, de nos épouses, engageons-nous pour la tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines », a-t-il lancé.

A sa suite, le préfet de la région du Tonkpi, préfet du département de Man, Soro Kayaha Jérôme a rappelé le cadre juridique de la lutte contre l’excision. « Les mutilations génitales féminines constituent une violation flagrante des droits humains des femmes et sont appréhendées par l’opinions publique internationale comme une tragédie humaine qui entraine de graves conséquences sur la santé et le statut socioéconomique des femmes », a-t-il souligné. Selon lui ces effets se produisent sur toute la famille. C’est pourquoi, l’Etat de Côte d’Ivoire a adopté la loi N°98-757 du 23 décembre 1998 qui stipule que « quiconque commet une Mutilation génitale féminine appelée « excision » est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amande de 360000 à 2000000 de francs Cfa. La peine est d’un emprisonnement de 05 à 20 ans si la victime est décédée… », a-t-il rappelé.

 Selon le préfet, en dépit des efforts consentis, le phénomène de l’excision persiste avec de nombreuses conséquences allant jusqu’au décès.

L’autre temps fort de cette journée a été  la projection du film « La fleur et la lame ». un film de sensibilisation sur l’excision et une communication du spécialiste Dr Zahé Blé, Gynécologue-obstétrical au Centre hospitalier régional de Man.

D’après lui, les mutilations génitales féminines ont de graves conséquences sur la santé physique et psychologique des femmes et des filles qui en sont victimes. Il s’agit entre autres des douleurs intenses, des hémorragies qui peuvent entrainer la mort, des infections des organes génitaux de la femme, qui peuvent entrainer la stérilité, les risques élevés de contamination au VIH, les douleurs ou un plaisir sexuel diminué lors des rapports sexuels, les complications à l’accouchement, les fistules obstétricales, etc.

Le représentant de l’Unfpa à cette cérémonie Dr Liagui Ouattara a réitéré le soutien du système des nations unis à la Côte d’Ivoire dans la lutte pour l’éradication des mutilations génitales féminines et les violences basées sur le genre.

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