Sipilou / Une bavure policière tourne mal : un mort

La ville de Sipilou, chef-lieu de département, dans la zone frontalière avec la Guinée Conakry a connu une journée chaude ce mardi 14 mai 2019 dans la matinée. Selon une source surplace, un policier aurait tiré à bout portant sur un individu à moto qui a trouvé la mort lors de son transfèrement à Man.

Notre source, a indiqué que dans la matinée du mardi, « l’individu en question, conducteur de moto taxi, transportait une dame qu’il accompagnait dans le premier village Guinéen, Diguita. Arrivé au poste frontalier, un policier procède au contrôle de routine et constate que l’individu n’est pas en règle. Le policier lui demande de payer une amande forfaitaire de 1000 francs. L’individu refuse d’obtempérer, et décide de poursuivre son chemin, c’est ainsi que le flic ouvre le feu en tirant sur la roue arrière de la moto pour l’immobiliser. Le motard descend et dit au policier qu’il peut garder la moto. Il poursuit son chemin à pied et le flic ouvre de nouveau le feu sur lui dans le dos. Il est atteint et s’écroule », relate notre source. Toujours selon elle, la balle aurait perforé l’estomac de la victime.

 Transporté d’urgence vers Man, il succombe de ses blessures au niveau de la localité de Yorodougou, chef-lieu de sous-préfecture dans le département de Sipilou.

Notre source a par ailleurs précisé que pendant ce temps, le flic est allé se rendre à la gendarmerie où il est en détention. Cette situation a dégénéré. Très vite, la dame que le motard accompagnait a vite fait d’alerter la population qui promptement est  descendue dans la rue pour manifester sa colère. Une expédition punitive est  menée sur le nouveau poste de la police des frontières inauguré en mars 2019 dernier. L’édifice est saccagé, pillé avant d’être incendié.

Les policiers présents dans la ville se sont vus obligés de se mettre en sécurité. Joint au téléphone pour comprendre la situation, le préfet du département de Sipilou, Raymond Djiké confirme la bavure policière. Etant lui-même en congé, il a instruit le secrétaire général qui est surplace pour travailler au retour au calme afin de préserver la paix sociale. Une instruction qui semble être menée avec efficacité étant donné que dans l’après-midi, le calme est revenu. Les rues de la ville sont restées désertes avec des barricades des jeunes de 12heures à 15 heures où des jeunes sont descendus dans la rue.

Une chasse au policier est donc déclenchée. Un gendarme aurait été agressé dans un hôtel de la ville selon notre source.  Dans la ville, aucun corps habillé n’est perceptible. Quant au préfet de police de Man, le commissaire divisionnaire Ouattara Ibrahima, il a dépêché une équipe de renfort surplace à Sipilou. Lui aussi a confirmé l’incident. Mais il a souligné qu’il n’a pour l’heure pas de précision réelle sur qui a tiré sur qui. Néanmoins,  « ce qui semble évident c’est qu’un individu serait atteint par balle et serait mort pendant son évacuation », relève-t-il. Il compte se rendre lui-même sur place dès mercredi pour s’imprégner de la situation.  

Au moment où nous mettions sous-presse cette information, les renforts de la police et de la gendarmerie étaient encore en route. Sipilou étant une zone difficile d’accès à cause du mauvais état de la route. Précisons tout de mêmes que pour l’heure, il est difficile de joindre les hommes du commissaire divisionnaire sur place par téléphone. Aux dernières nouvelles, les renforts sont arrivés aux environs de 17 heures. Une première tentative de dispersion des foules a été engagée par les forces de l’ordre, pour finir c’est la négociation sous la houlette du secrétaire général de préfecture qui a prévalu. A 18h30, le calme est revenu sur la ville. « Un calme précaire », précise une source sur place.   

Kindo Ousseny à Man

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