Man / Lancement d’un vaste projet de lutte contre les MGF

La salle de la préfecture de Man a servi de cadre pour lancement du projet d’appui au développement social inclusif par la lutte contre les mutilations génitales féminines dans les régions du Folon, Kabadougou-Bafing-Tonkpi, Guemon et le Cavally le lundi 13 mai dernier.

 

LE SG2 DE PREFECTURE, KOUAKOU BAH YAO ENTOURE DES INVITES ET DE CHEFFERIE

C’est la fondation AVSI en collaboration avec celle de Djigui, la grande espérance, qui a initié ce projet de lutte contre les mutilations génitales féminines en Côte d’Ivoire, cofinancé par l’union Européenne pour une durée de 24 mois dans 6 régions à savoir Folon, Kabadougou,Bafing,Tonkpi, Guémon et le Cavally.  «Le projet s’inscrit dans un contexte globale ou en dépit des nombreux accords internationaux ratifiés par l’état ivoirien, malgré la loi N°98-757 du 23 décembre 1998 et l’article 5 de la constitution de novembre 2016 relatif à l’interdiction de cette pratique, les mutilations génitales féminines sont encore d’actualité dans notre pays avec un taux de prévalence de 36,7% au niveau national et au nord-ouest le taux est de 75,2% et de 62,1% à l’ouest » a dit Cyrile Konguep, chef de projet à la fondation AVSI.

Selon lui, l’objectif de ce vaste projet est de renforcer les actions des OSC dans la lutte contre les mutilations génitales féminines par l’information, la formation, la sensibilisation et l’accompagnement des victimes dans les 6 régions.

Aussi a-t-il souhaité que pour l’élimination complète de ce fléau, il  faut qu’il y’ait la synergie de toutes les forces vives. Le représentant pays de AVSI, Lorenzo Amazuni a indiqué que leur organisation est une ONG non gouvernementale qui a pour mission de promouvoir la dignité humaine en portant une attention particulière à l’éducation et à la promotion de la dignité de la personne, dans toutes ses expressions.

Pour lui, le respect de la dignité de la femme permet d’aller au développement durable. « La mutilation génitale féminine est l’ablation totale ou partielle des organes génitaux externes de la femme ou de la fille généralement réalisées par une exciseuse »  a défini la représentante du ministère de la femme, de la famille et de l’enfant, Mme Zokou Danielle.

Elle a souligné qu’avec tous les efforts consentis par l’état ivoirien et ses partenaires au développement, le fléau persiste encore dans notre pays. Pour elle, il s’agit d’une violation des droits humains portant atteinte à l’intégrité physique notamment sur le plan psychologique, sexuel et procréatif de la femme.

Aussi a t elle indiqué que selon une enquête à grappes à l’indicateur multiples 2016, 36,7% de femmes dont l’âge oscille entre 15 et 45 ans seraient excisées avec les plus fortes prévalences de 50-75% au nord, à l’ouest et au nord-ouest.

C’est pourquoi, elle a invité toutes les populations à plus d’engagement en intensifiant les actions pour la tolérance Zéro aux mutilations génitales féminines.

Quant au représentant du préfet de la région du Tonkpi, le SG2 Kouakou Bah Yao, il n’a pas manqué de dire que cette initiative est louable dans la mesure où la question des mutilations génitales féminines est préoccupante pour l’état de côte d’ivoire.

Il a ajouté que les femmes doivent se mettre en situation de la responsabilité parce qu’elles sont complices et responsables de ce fléau. D’où leur responsabilité pour éradiquer définitivement ce mal. « Chacun doit prendre ses responsabilités afin que dans la région du Tonkpi, la lutte contre les mutilations génitales féminines soient une réalité » a-t-il souhaité.

Dan De San

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