Man / Malgré son statut de ville Touristique : Les ordures règnent en maître

Man au lendemain de la célébration des festivités tournantes de l’indépendance de la Côte d’Ivoire était vue comme l’une des plus belles villes du pays. La capitale régionale du Tonkpi et sa région, regorgent de nombreux attraits et potentialités touristiques. Ce qui lui confère le statut de ville touristique. Mais la ville n’est pas un exemple d’hygiène et de propreté.

Man, jadis appelé « Yacoubadougouparis » par ses habitants, du fait de sa beauté que l’on comparait à la capitale Française présente une autre image qui en réalité ne fait pas la fierté de ses habitants. Au point où à chacune de ses sorties pour présider des activités liées à l’hygiène et à la salubrité, le secrétaire général 2 de la préfecture de Man, Bah Yao Kouakou André, n’hésite pas à rappeler à qui veut l’entendre, que « Man n’est pas une ville propre. Et ce qui frappe quiconque foule le sol de Man, c’est la saleté ».

C’est un tableau moins reluisant en matière de l’assainissement et de la salubrité que présente cette ville qui après la crise de 2002, a vue toutes ses rues dégradées, le bitume ayant laissé la place à la terre rouge, aux flaques d’eau en saison pluvieux comme c’est le cas en ce moment, et à la masse de poussière suspendue dans l’aire en saison sèche. Au point ou Diomandé Mamadou, fils de Man affirme,« On se sali quand on se promène dans les rues de Man ».

L’Indiscipline et l’incivisme notoire des populations

Comme si cela ne suffisait pas, une importante partie de la population de Man est caractérisée par indiscipline et l’incivisme notoire. Et cela a pour conséquence, la prolifération des dépôts sauvages et des tas d’immondices à des endroits inappropriées. L’accroissement de déchets légers constitués en grande partie de sachets plastiques qui jonchent les rues et les fosses de canalisations d’eaux usées. Le jet systématique sur les voies et places publiques d’ordures légères par les piétons et les automobilistes. Les bâtisses publics et privés de la ville expriment ce manque de propreté à travers leurs façades défraîchies et répulsives.  L’occupation anarchique du domaine public notamment les trottoirs, les ouvrages d’assainissement et les espaces verts est le lot quotidien des commençants, des transporteurs et des artisans qui y crée des boutiques, étales ou gare routière.

Man est aussi la ville des stationnements anarchiques et la divagation des animaux domestiques en pleine rue et parfois en plein marché. Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées dans la ville et dans région, la défécation et l’urination à l’aire libre restent encore dans les habitudes de certains individus.

L’élimination des eaux usées hors des du réseau approprié notamment dans les caniveaux, sur les voies publiques contribuent fortement au désordre et à la dégradation du paysage dans la ville. Certains quartiers comme Dioulabougou, Libreville, Blocausse, Kokô, s’illustre négativement par l’écoulement des eaux usées qui en principe devraient être déversés dans des fosses septiques, au point où Fofana Mamadou, un habitant de la ville fait remarquer que « l’on a l’impression qu’à Man, ils sont nombreux à ne pas avoir la culture de création des fosses septiques ».

Les Solutions de la mairie

Dès sa prise de fonction, le nouveau maire de la commune Aboubacar Fofana a fait de la lutte contre l’insalubrité une grande priorité. Quelques semaines après son installation, il a signé un partenariat avec une entrepris de ramassages d’ordure. Une dizaine de camions et des engins lourds ont été présentés à la population et mis en service à cet effet. Sur les points névralgiques de la ville, des bacs   à ordure pour la pré collecte sont déposés. Mais c’est mal connaitre l’indiscipline maladive des populations qui préfèrent déverser ces ordures par terre en lieu et place des gros récipients déposés à cet effet. Comme des illettrés, elles font fit des panneaux interdisant de déposer les ordures au sol.

Pour répondre à la problématique de l’insalubrité qui continue d’avoir la peau dure à Man, la mairie a décidé d’impliquer de façon plus active la population dans l’entretien des quartiers. Cela s’est traduit par l’institution d’un concours éco-citoyen inter quartier d’assainissement et de salubrité de la ville. Un concours qui mettra en compétition tous les quartiers de la ville avec l’appui technique des organisations non gouvernementales œuvrant dans le secteur de l’assainissement et de la salubrité. Ce concours est placé sous le parrainage de Bamba Mamadou dit Momo, chargé de mission à la présidence. Ce dernier a mis à la disposition du comité d’organisation du concours et du jury la cagnotte de 1,750 millions destinée aux trois meilleurs quartiers les plus propres.

Selon le directeur régional de l’assainissement et de la salubrité urbaine,  « Sur deux mois, les quartiers seront évalués  sur la base de leur engagement éco-citoyen, de la gestion et de l’élimination des déchets, l’entretien des espaces verts, et la propreté des rues. Plusieurs éléments seront pris en compte pour un total de 500 points. Ce concours sera l’occasion de relancer pendant deux mois l’opération grand ménage qui à un moment donné a pris du plomb dans l’aile au niveau de la capitale régionale du Tonkpi. « C’est une activité communautaire de salubrité pour emmener chacun à s’impliquer dans l’hygiène et la propreté de la cité », a expliqué Jean Bedel Adon. Attendons de voir la suite.

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