Biankouma/ Lutte contre les conflits identitaires et la profanation des forêts sacrées : une ONG engage la sensibilisation à Gbonné

L’Association Initiatives pour le développement communautaire et la conservation de la forêt (IDEF) a initié une série d’activité dans le cadre d’un projet de préservation de la cohésion sociale et la protection inclusive des forêts sacrée dans le département de Biankouma, plus précisément à Gbonné et à Gandié les 11 et 13 septembre 2020. Projet dénommé, « Participation des jeunes à la prévention et à la gestion des conflits identitaires liés à la profanation et à l’exploitation des forêts sacrées dans le département de Biankouma en Côte d’Ivoire » un projet qui bénéficie de l’appui technique et financier du Programme des nations unis pour le développement (PNUD) et du fond de consolidation pour la paix des Nations Unis, en partenariat avec la direction régionale des eaux et forêts.

Ce samedi 11 septembre, l’ONG IDEF a engagé une série d’activité dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet.  La cérémonie était présidée par le sous-préfet de Gbangbégouiné, Ouattara Gervais représentant le préfet du département de Biankouma empêché.

Selon Kpenahi Daleba Raymond Bernard (Assistant Technique), chef de la délégation de l’Ong IDEF,  Cette activité vise à présenter la vision et les objectifs du projet aux acteurs clés (autorités locales, chefferie, leaders d’association de jeunes hommes et femmes), afin de susciter un élan collectif et une prise de conscience environnementale et de protection du patrimoine culturel. « Il est donc évident que pour freiner les infiltrations et la profanation des forêts sacrées, et donc renforcer la cohésion sociale, il est fondamental de renforcer la sensibilisation sur l’importance des forêts sacrées en valorisant leur richesse et leur rôle, ainsi que l’implication des communautés rurales à travers le renforcement des capacités sur la gestion durable en offrant des alternatives comme des activités génératrices de revenus (AGR) et de développement communautaire », a soutenu le chef de délégation de l’ONG IDEF.

A Gbonné, la journée de sensibilisation a été marquée par la finale d’un tournoi de football intercommunautaire masculin et féminin, un concours culinaire qui a mis en compétition les femmes des différentes communautés vivant dans la localité et des scènes de théâtre animées par les enfants des écoles primaires de Gbonné. 

Cette initiative est saluée par le sous-préfet de Gbangbégouiné, représentant le préfet du département de Biankouma. Pour lui cette activité arrive à point nommé en ce sens qu’il y a des enfants du terroir qui se rendent complice dans la vente des forêts sacrées et leur profanation. « La protection de nos forêts sacrée est mise en péril à cause des exploitations agricoles.  C’est pour cela qu’il y a eu des incidents dans notre département. Donnez des conseils à notre jeunesse afin d’œuvrer pour la préservation de nos forêts sacrées. Parce qu’il y a beaucoup d’activités et des faits culturels qui sont derrière ces forêts-là. Pour rien au monde, elles ne sauraient être bradées », a indiqué le représentant de l’exécutif.

Les chefs traditionnels de la sous-préfecture de Gbonné ont bien accueilli le projet. Pour Kogbé Tiémoko, cette campagne de sensibilisation apporte une réponse à une grande inquiétude  des populations car dit-il, « les forêts sacrées sont très souvent violées par des populations étrangères avec la complicité des jeunes du terroir ». Même son de cloche chez Kano Gondo Ignace, président du comité villageois du foncier rural de Gbonné, pour qui les conflits fonciers sont récurrents, et compte sur cette campagne de sensibilisation pour réduire ces litiges qui minent la paix sociale.

Gondo Albert, chef du village de Dozéré, estime que la cupidité des jeunes et la volonté des acheteurs de forêts de vouloir coute que coute une parcelle constituent des facteurs de profanation des sites sacrés. C’est pourquoi il invite les jeunes à mettre un terme aux ventes des terres et surtout à préserver les lieux sacrés qui sont inviolables depuis le temps des ancêtres. « Avec cette activités, nos lieux sacrés seront désormais respectées et protégés », s’est-il réjoui.

La mise en œuvre de ce projet doit selon les initiateurs impliquer 200 jeunes qui pourront bénéficier des activités génératrices de revenue en lien avec la protection de la forêt, et qui pourront constituer des comités de surveillance pour protéger les forêts sacrés qui sont au nombre de 7 à Gbonné. Ces jeunes pourront faire des reboisements pour restaurer les forêts détruites avec la collaboration de la direction départementale des eaux et forêts. 20 autres jeunes seront formés au métier de pépiniéristes pour contribuer à la restauration des zones dégradées autour des sites protégés.  Le projet doit durer six mois dans les localités de Gbonné et Gandié. Ce dimanche, c’est la dernière localité citée qui reçoit la délégation de l’ONG IDEF.

Kindo Ousseny à Man

Vous allez aimer aussi:

Partagez sur le réseaux sociaux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *